• Carole L'Archer
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À la recherche de la lumière intérieure

À la recherche de la lumière intérieure

Que dire de cet artiste qui manie la spatule en toute liberté pour peindre le monde et les objets à sa façon. Il exerce son art par besoin de s’exprimer depuis 1978 et croit fermement que « La peinture est le plus complet des arts et que c’est par elle que celui qui sait le faire peut exprimer l’ensemble de ses émotions, de ses sentiments qui l’habitent, en cherchant au plus profond de soi, à son inconscient le plus enfoui »

Pour lui, le processus de création d’un tableau est avant tout la recherche de soi, le soi le plus profond, l’exploration de l’inconscient qu’on découvre en créant, l’expression de ce qui habite l’artiste au moment de la création mais aussi de ce qui résulte du chemin parcouru. Rien n’est oublié dans ce subconscient qui fait parfois en sorte que l’artiste soit en désaccord avec son propre œuvre, qu’il ne le comprenne pas et qu’il veuille, lors de périodes sombres, détruire ce qu’il a fait, car il se sent incompris, abandonné, incapable de communiquer aux autres ce qu’il ressent. Heureusement, les mots sages et prévoyants d’une mère aimante et persuadée de la beauté de ce qu’elle voit ont le pouvoir d’atténuer les doutes : il y a toujours quelqu’un qui comprend, qui comprendra le message d’un tableau, il faut seulement être patient et attendre que cette personne se présente tôt ou tard et qu’elle vienne chercher « son » tableau. Il arrive parfois que ce soit l’artiste lui-même qui ne veut plus se séparer de ce qu’il a créé, par l’attachement sentimental, par la force du témoignage de son parcours artistique ou humain, par la compréhension subite du message que son tableau lui envoie, puisé dans les profondeurs de son être.

A son image, ses tableaux sont à la fois discrets et flamboyants. Discrets par leurs sujets intimistes : maisons de campagne, sous-bois, église, voiliers se balançant doucement sur la mer. Ses titres soigneusement choisis pour ses œuvres reflètent sa personnalité: Paisible ancestral, Douceur d’un sous-bois, Souvenir d’enfance, Enfin chez soi… Mais viennent les couleurs, vives et déchirantes, parfois violentes même, qui altèrent cette paix apparente et trahissent des sentiments plus tourmentés. La technique de l’huile sur toile et de la spatule, dont les traits bruts et décidés structurent la peinture, aussi.

Derrière les nuages menaçants d’un bleu acier lourd couvrant un tiers de sa toile, on peut voir jaillir l’espoir, représenté par des traits, même s’ils sont rares, de jaune et de blanc. Les couleurs deviennent plus tamisées là où une certaine nostalgie s’installe et c’est alors que le rouge des feuilles dans les arbres sera adouci, les tons chauds jaunes et bruns apporteront un apaisement enveloppant pour y laisser entrer une lumière cristalline, presque imperceptiblement, pour y déposer un voile subtil dans ses feuillages.

Cependant, la lumière devient vite éclatante dans ses tableaux avec la thématique nautique. Les voiliers, symboles de libertés, baignent dans le jaune et le blanc de leurs voiles, à peine interrompus par le noir des mâts, le rouge, le brun des coques, et le bleu apportant la perspective et la profondeur de l’espace. Les contours s’estompent, les frontières ne sont pas définies entre la mer et le ciel, les voiles s’enchevêtrent, on devine un personnage… et on se sent submergé par cette blancheur porteuse d’un désir de libération envoûtant.

L’artiste reste toutefois fidèle à lui-même, la lumière est surtout et avant tout intérieure. C’est encore une fois en soi-même qu’il faut puiser pour exprimer ce qui paraît, sur le tableau achevé, comme une lumière venant de l’extérieur. Ainsi, nous pouvons dire que Yves Ayotte est le maître de la lumière. Ses portraits, aussi austères et ténébreux soient-ils, sont l’exemple de la maîtrise ultime de l’expression par la peinture, de la lumière intérieure qui habite chaque être humain.

L’artiste poursuit patiemment sa quête de la lumière intérieure en lui-même, mais aussi chez les autres. Il n’a pas peur de manquer d’inspiration, de souffrir du syndrome de la toile blanche. Son imagination est pleine d’idées qui n’attendent que d’être exprimées, sans être toutefois des projets fixes. Il est plutôt inquiet de ne pas avoir suffisamment de temps pour exprimer tout ce qui l’habite.

Pour bien décrire l’artiste, quand on le voit devant son chevalet, c’est un peintre qui ne sait pas où son art et son subconscient vont l’emmener sur le chemin de création, mais nous savons que tout reste encore à dire, à exprimer… et que la lumière intérieure sera toujours présente dans sa peinture. Il suffit, à un spectateur attentionné, de s’attarder devant un tableau, de rester immobile et se laisser imprégner de l’atmosphère, tantôt inquiétant, tantôt apaisant, de ses œuvres pour entrer, à pas feutrés, dans le monde riche et profond, des tableaux d’Yves Ayotte.

www.yvesayotte.com

www.bloguart.com

Auteur: Carole L'Archer

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5 commentaires

  1. Excellent peintre ce monsieur Ayotte

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    • Allô Serge, je suis très d’accord avec toi, j’ai d’ailleurs acheté une de ses toiles à Longueuil il y a 2 ans à la galerie St-Charles. Elle a une place de choix chez moi.

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      • Je vous conseille d’aller faire un tour à la galerie St-Charles,. Je crois qu’il expose encore là-bas.

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        • Merci du renseignement, je vais aller y faire un tour cet été pour voir ses oeuvres.

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        • Effectivement, plusieurs belles toiles de Yves Ayotte actuellement.

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