• Carole L'Archer
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Patrick Le Blond, artiste-céramiste

Patrick Le Blond est un céramiste de nature traditionnel. C’est la matière qu’il cherche à embellir avant tout. Créer des objets d’art en abondance comme il le fait, cela vient de sa formation de potier. Cependant, c’est en soi une démarche artistique. Son discours est destiné à celui qui veut se rapprocher de la céramique. Il aime l’ergonomie de la pièce tournée et le « pouvoir toucher » qu’elle permet.

Sa pratique évolue autour de trois axes exploratoires pour arriver à combiner en un tout homogène. Soit le tournage et le laboratoire des glaçures, le motif ou le discours narratif de l’œuvre et enfin l’émaillage.

Sa méthode de production est simple. Il tourne les plus grosses pièces en premier lieu, le séchage doit être lent. Il monte ainsi sa série de pièces biscuitées qui deviendront le canevas pour l’émail. En même temps, c’est la préparation des couleurs. Mettre les bassins d’émail à niveaux, expérimenter quelques idées de textures et de teintes. Le laboratoire en somme.

Ensuite, vient le temps de travailler le motif (en fait, il y pense tout le temps) ou d’élaborer un thème en particulier. Il prend des notes, gribouille, trouve un titre qui inspire… Puis se lance sur le croquis à l’échelle. Cet exercice lui donne plus de spontanéité dans le geste et crée un meilleur motif. Crayon, fusain, gouache, acrylique, tout y passe, il fait des maquettes.

Et voilà qu’arrive enfin le moment mystique, le grand souffle de l’émaillage. Il travaille beaucoup la superposition. Utilise aussi les pinceaux et… le reste…….ça lui appartient!

Patrick Le Blond a été invité en résidence à la Maison des métiers d’art de Québec, d’où il est lui-même issu. «J’ai fait partie de l’une des premières cohortes», raconte ce natif de Charlevoix installé depuis 12 ans dans la localité de Bassin, sur l’île de Havre-Aubert. C’est là qu’il exerce son métier de potier, cherchant l’équilibre entre les objets utilitaires et les pièces d’expression.

«Aux Îles, j’ai la mer à perte de vue, le silence, les oiseaux, le vent et les renards qui grattent», philosophe le gaillard de presque 50 ans. Ses grandes assiettes témoignent de ce quotidien maritime. «J’initie une présence humaine», poursuit-il en désignant le chasseur qui apparaît sur quelques-unes de ses créations. «Il tire toujours à côté…»

«Je suis le potier du village», dit Patrick Le Blond. Depuis qu’il travaille sur chevalet, il se prend pour Chagall. Et les oies noires qu’il dessine sur l’argile le ramènent à Riopelle. Ce Madelinot d’adoption a beau être céramiste, son «attitude» est celle d’un peintre.

La Maison des métiers d’art met à sa disposition un four au gaz. Partage et transmission du savoir : une résidence, c’est ça. Patrick Le Blond anime le cours «tournage de grand format». Et il se préserve des espaces pour ses propres pièces d’expression.

«Pour les étudiants, il incarne la possibilité qu’ils peuvent y arriver eux aussi». «L’oeuvre commence au tournage, explique-t-il. Je crée mon canevas, comme le peintre.» Il se «fait ensuite des fonds à la louche». Puis, pour exploiter les ressources de ses glaçures colorées, il s’installe au chevalet. Il esquisse ses oiseaux et ses renards en appliquant de la cire au pinceau. «Faut maîtriser ça, ce sont des techniques non conventionnelles», dit-il.

«Je joue avec les perspectives, je me sens comme Chagall, confie-t-il. Et Riopelle? Ah oui! Je l’adore.» Mais à la différence de ces peintres, le céramiste évolue comme un «daltonien». «On ne connaît pas le résultat avant la cuisson finale, mentionne-t-il. On transcende la couleur. On touche à l’intuition. Y’a pas de repentir.»

Aux Îles-de-la-Madeleine, dans ce «pays habité par la liberté et la créativité» où il a ressenti «une révélation», il diffuse ses oeuvres en cinq lieux et chacun a ses exclusivités. «Ça crée une belle dynamique», trouve-t-il.

Ses dernières oeuvres sont suspendues dans le local qu’il occupe à la Maison des métiers d’art. Ces céramiques murales, ainsi que les autres qu’il produira à Québec d’ici la fin du mois, sont destinées à la Galerie Isis de Baie-Saint-Paul. «Là, ils mettent mes assiettes à côté des tableaux, ça me plaît, dit-il. Ils sont à l’aise avec mes couleurs et mon iconographie.»

«J’ai une structure d’artisan, mais je me sens artiste», résume-t-il.
Avancer, découvrir, voilà ce qui le fait durer depuis 20 ans. Sa seule limite? «La grosseur du four», lance-t-il.

Une Galerie d’art dans un atelier…..
Le Blond vous invite à vivre une expérience unique au cœur de sa galerie d’art. Plusieurs œuvres en présentation : Céramiques murales, vases, sculptures… Le tout inspiré par la nature et la lumière des îles.

Patrick Le Blond, artiste céramiste

Par : Carole L’Archer
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Auteur: Carole L'Archer

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