• Carole L'Archer
  • Artiste-peintre
  • Blogueuse
photo de Carole

L’art thérapie utile au rétablissement…

Peindre pour prendre conscience de ses contradictions, danser pour dédramatiser ses conflits… La création artistique permet avec l’art thérapie, d’accéder à des sentiments enfouis.

Ici je vous amène un texte qui explique les bienfaits de l’art thérapie pour faire un lien avec les créations des artistes. Tout artiste s’exprime à travers ses émotions, son vécu, son savoir, ses expériences ou son moment présent. Quand on crée, ce sont nos tripes que nous mettons à nue et qui donnent de si beaux résultats. Ce sont toutes ces émotions que l’amateur d’art perçoit et qui vient le toucher au plus profond de son âme.

Pourrait-on dire que nous faisons aussi de l’art thérapie?

Vous arrive-t-il de vous poser la question en constatant la popularité d’une de vos créations en vous demandant « pourquoi le regard des gens se pose surtout sur cette œuvre »? Et pour y répondre, êtes-vous capable d’aller puiser au fond de vous-même et y découvrir toutes les émotions et tous les souvenirs que ce travail a évoqué en vous lors de sa création…

L’art thérapie apparaît souvent comme une chance nouvelle d’accéder à ses sentiments et à ses émotions refoulées parce qu’elle travaille dans le “mine de rien”, en utilisant une stratégie de détour, une ruse qui permet de contourner les résistances aux changements. Elle a comme principe de se servir de la création artistique (peinture, théâtre, danse, collage, modelage, photographie, marionnettes) pour pénétrer les problématiques inconscientes de l’individu et le conduire à une transformation positive de lui-même.

Selon le Dr Jean-Pierre Klein, psychiatre et directeur de l’Institut national d’expression, de création, d’art et de thérapie de Paris, il nous mentionne que le but est de partir, dans le cadre d’un processus créatif, de ses douleurs, de ses violences, de ses contradictions pour en faire le matériau d’un cheminement personnel. Du pire naît ainsi une construction, une production qui tend vers l’art.

On attribue l’origine de l’art thérapie au peintre anglais, Adrian Hill, qui en fit le premier l’expérience en 1940… « Lorsqu’il est satisfait, l’esprit créateur favorisera la guérison au cœur du malade », écrivit-il. Intéressée par cette approche, la Croix-Rouge britannique l’utilisa avec ses patients. En 1950, les premiers programmes de formation en art thérapie virent le jour aux Etats-Unis.

En France, il fallut attendre 1986, malgré une pratique bien antérieure, pour que le concept soit enfin reconnu par la communauté scientifique au cours d’un congrès international.

Un entretien avec le thérapeute permet au patient d’évoquer son mal-être et ses attentes. Le déroulement des séances suivantes varie en fonction de l’art choisi, mais poursuit quand même toujours le même objectif : développer un langage symbolique donnant accès à ses sentiments enfouis pour pouvoir ensuite les intégrer. Prenons l’exemple de la peinture, la matière la plus fréquemment utilisée en consultation.

Le premier rôle de l’art thérapeute est de favoriser la créativité chez le patient qui, face à la feuille blanche, commence souvent par dire qu’il ne sait pas dessiner alors qu’il s’agit plutôt de se laisser aller, de laisser faire sa main sans mobiliser son cerveau.

Dans tous les cas, le but est de donner une impulsion de création au patient en lui montrant les chemins possibles, d’encourager le patient à poursuivre ou à développer sans jugement, un mouvement, une forme qui se répète d’une production à l’autre et qui semble porteur de sens.

La fonction de l’art thérapeute est donc de pousser, avec beaucoup de prudence, le patient vers toujours plus de profondeur, car c’est lorsque la personne lâche enfin prise et quitte la superficialité que la thérapie avance.

Ce processus peut évoquer un souvenir oublié, une émotion longtemps refoulée, une association particulière d’idées. Chacun doit pouvoir, en effet, poursuivre son cheminement à son rythme.

Evidemment, l’art thérapie est particulièrement indiqué pour les enfants où l’introspection est souvent difficile, pour les adolescents, souvent réfractaires à l’approche psychothérapeutique classique. Chez les adultes, outre le fait qu’elle permette dans tous les cas d’accéder à une meilleure connaissance de soi, la méthode se révèle très bénéfique pour les personnes éprouvant des difficultés à fouiller leur problématique par la parole ou qui, au contraire, parlent facilement d’eux sans jamais progresser.

On peut également parler d’excellents résultats obtenus avec les grands malades qui expriment alors leurs douleurs, avec les toxicomanes, les détenus ou les marginaux pour qui la création d’une œuvre induit une revalorisation d’eux-mêmes, mais aussi les personnes âgées dont la création répond, entre autres, à un besoin de reconstruction par la rétrospective de leur vie avant de quitter cette terre.

L’art thérapie ne doit se mouvoir ni dans la trop grande facilité ni dans l’expression taboue, explique Jean-Pierre Klein. A vous de trouver l’art du juste milieu, celui qui vous permettra de mieux vous explorer.

Alors les artistes, souvenez-vous que toutes techniques donnent une « voix » à toutes les figures de l’inconscient, ouvrent les voies de la communication et développent la créativité.

Permettez à votre entourage de renouer avec ses émotions en les faisant surgir à travers vos œuvres.

Gardez en tête que vous aussi vous faites de l’art thérapie!

 

Carole L’Archer
www.bloguart.com

Crédit photo: Julie Cherki, photographie
Unsplash photo

 

 

 

Auteur: Carole L'Archer

468 ad

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *